A T E X F O . C O M
BOOK COLLECTIF D'ARTISTES PEINTRES
« Ô, innocence à jamais perdue
Non, la peinture n'est pas morte
C'est bien à cause d'elle, (la mort)
Qu'elle existe, l'insupportable beauté ».
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« Donnons maintenant la parole à quelques incroyants de l'art contemporain pour lesquels une (...) recherche patiente, humble, n'a pas grand sens. A l'évidence, nous pensons à des artistes comme Marcel Duchamp ou Andy Warhol. Le second déclare avoir renoncé au savoir-faire pour se consacrer enfin à l' art, alors que Charles Juliet nous a confié qu'après quelques tâtonnements il croit avoir acquis une certaines maîtrise de son métier. Quelle valeur accorder au sujet (à un soi essentiel) puisque sa devise est "n'importe quoi, mais à telle heure". Marcel Duchamp insiste avec virulence sur l'insignifiance du motif, de l'objet produit. Dans ces fameuses boîtes qu'il scellera pour qu'on ne les ouvre pas, on enfermera quelque chose qui ne puisse se reconnaître au bruit, et peut-être la boîte sera-t-elle vide.
Quand objet il y a, il s'agit d'un objet de série ; reproductible à l' infini, telle une boîte de Coca-cola. L'artiste n'est que le second maillon d'un réseau dont le premier élément est l'industriel. Quand nous n'avons pas affaire à un objet industriel mais à des éléments originels, vierges de toute distinction et de toute forme, comme la couleur ou les mots, la situation demeure inchangée.
"Faire quelque chose, c'est choisir un tube de bleu, un tube de rouge. Le tube vous l'avez acheté, vous ne l'avez pas fait. C'est un ready made. Tous les tubes du monde sont des ready made". L'argument paraît encore plus spécieux lorsque le langage est en question. « La langue est un déjà-là, un ready made prêt à l'emploi . Les utilisateurs de la langue ne l'inventent pas. Ils la trouvent ou en déplacent quelques éléments. » Une telle affirmation mérite d'être examinée. A l'évidence, le langage nous préexiste, mais il ne se trouve pas face à nous comme un objet que nous aurionsà utiliser. Il nous englobe, nous déborde. Nous logeons en lui. En déplaçant quelques-uns de ces éléments, ou par l'effet de quelques inflexions musicales, c'est le langage tous entier qui tremble sur sa tige, qui se modifie - et l'être parlant, à son tour, prend place au monde en un autre lieu.» Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur.

Le sensualisme en peinture